Boudoir

De l’aiguille du gramophone et de ses râtés 19,08,08

Classé dans : Les petits papiers — boudoir @ 9:55

Certaines discussions sont de vrais calvaires. Dialogues de sourds. Je réalise aujourd’hui la violence que peut contenir un bête échange entre amis. Certaines positions lors de la prise de parole prouvent à elles seules l’égard que l’on peut porter à l’autre, égard absolument nécessaire à toute chose constructive, le reste n’étant qu’égo, et donc bullshit.

Eu une discussion houleuse aujourd’hui. Parce que la personne qui se trouvait en face attendait de moi un acquiescement et non un répondant. Parce que sa position de départ était de penser que je ne savais pas de quoi je parlais. Parce que, surtout, elle retenait de mon discours (il est vrai beaucoup plus décousu que le sien car stressé et outré par une telle attitude) ce qu’elle voulait bien en retenir, à savoir presque rien. Il m’a rarement été donné de constater pareille condescendance, même si ce n’est de loin pas la première fois que je dois prouver que je ne suis pas totalement idiote. J’ai donc quitté la table, vaincue et excédée, dans une colère effroyable. Je me suis aussitôt dit: “une personne intelligente aurait laissé tomber”, sur quoi j’ai immédiatement pensé, “non!”, puisque j’avais en face de moi une personne que je considérais comme étant elle-même intelligente, mais qui, dans ce cas précis me refusait un quelconque avis divergent, une sorte de facho du verbe, vacciné avec une aiguille de gramophone.

Ce n’est donc pas raison que je voulais forcément avoir, mais simplement le droit à la parole. Les règles tacites de la conversation étant bafouées, ma frustration a explosé en grosse colère.

Pour obtenir un tant soit peu d’attention ce soir, il aurait certainement fallu que je reste calme, que j’écoute la tirade de mon interlocuteur, en la ponctuant de mes brèves remarques, si possible en allant dans son sens. Mieux, j’aurais dû ne pas parler, montrer un désinvestissement qui m’aurait permis de garder la tête haute, et une aura respectable, voire mystérieuse. Ce que c’est chiant.

Vous avez remarqué? Le jugement de l’intelligence d’une femme lors d’une discussion est souvent inversement proportionnel à son taux de parole, alors que c’est exactement l’inverse pour un homme. Loin de moi l’idée de palabrer sur l’argumentation genrée dans une discussion, ou de faire une poussée d’urticaire misandre. Je remarque simplement que moi, jeune fille bien élevée, il n’est pas dans mes habitudes de prendre mon interlocuteur pour un abruti, et qu’il m’est arrivé plus d’une fois de porter injustement le bonnet d’âne.

En grande bavarde, je n’aimais me priver d’aucune discussion. Réflexion faite, je ne veux plus accepter ce manque de respect, et prendrai soin d’éviter les tristes individus qui y ont recours.

 

Harder, better, faster, stronger 19,08,08

Classé dans : Plein les oreilles, Plein les yeux — boudoir @ 11:10

J-27. Ça va, j’avance bien dans mon travail. Pour fêter ça, une belle reprise du titre de Daft Punk par Son Of Dave. Yeah.

 

13 août 13,08,08

Classé dans : Les petits papiers — boudoir @ 8:35

Un ami me disait dernièrement: “Il en va de la mort comme d’un navire qui disparaît à l’horizon, nos yeux seuls l’ont perdu”. Et cette belle photo a été prise par mon papa…. Envie, besoin de faire le point. D’écrire – puisque cela fait longtemps que je n’en ai pas parlé ici – ce deuil aux émotions mouvantes, aux sinuosités souvent incompréhensibles.

Il n’y a que le temps, dit-on. Or si je ne pleure effectivement plus en public à n’importe quel moment, mes larmes ne m’ont pas quitté. J’arrive à les ravaler, à les oublier, même, pendant quelques jours, mais j’en paie le prix assez vite. Je ressens alors, comme ce soir, une forte impression d’étouffement, une folle envie de me recroqueviller, avant de devoir littéralement vomir mon chagrin dans d’immenses sanglots. Et puis ça va mieux, comme lorsqu’on a lâché quelque chose qu’on ne pouvait plus porter.

Les gens autour n’en parlent plus, probablement parce que tout a été dit. Et je ne sais moi même pas trop ce que j’ai envie d’entendre. C’est à moi seule maintenant d’apprivoiser cette perte, et de gérer mon chagrin. Il faut du temps, dit-on. Mais plus je m’éloigne du 3 janvier, plus sa mort m’est intolérable. La torpeur hallucinée due au choc s’est transformée en un maussade sentiment de “rien du tout”. Je ne vois mon père nulle part, et son absence partout, absurde. Je cours après mes souvenirs comme un gamin derrière son ballon.

Il semble qu’il commence purement et simplement à me manquer, pour de vrai, comme lorsque le voyage d’un ami s’éternise. Je me cogne à cette réalité, ce non-sens, me sens souvent inconsolable. Et abandonnée aussi. J’aurais voulu qu’il soit là à ma remise de licence, à mon mariage, que mes enfants le connaissent… Je ne suis plus une gamine, mais j’ai encore plein de passages symboliques à vivre. Penser que mon père en est exempt me rend terriblement triste.

En plus de cette grosse part d’amour inconditionnel, si rare, dont sa mort me prive, c’est la douce complicité que nous entretenions qui me manque le plus. Il était un grand coeur à grande gueule auprès duquel je n’ai jamais ressenti le besoin de justifier mon extrême sensibilité et mes larmes de crocodile… Je l’admirais pour son intégrité, sa grande culture, sa curiosité, son humour, son humilité, sa sensibilité avouée, sa capacité de compassion… Attention, je n’oublie pas qu’il était parfois aussi un ours mal léché autoritaire. Mais il était un peu malgré lui un guide pour moi. Un repère sûr, une boussole. Un bon père quoi. C’est une chance d’en avoir eu un comme ça.

J’ai lu quelque part qu’il y a trois phases normales à traverser lors d’un deuil, qui peuvent prendre plus ou moins de temps suivant les gens. La première dite d’hébétude, d’impact, de détresse. La seconde dite de dépression ou de replis, puis la dernière, l’acceptation, la guérison ou fin du deuil à proprement parler. Je crois bien être pile dans la deuxième…

 

Il fait trop chaud pour travailler 28,07,08

Classé dans : Les petits papiers — boudoir @ 6:42

Tout est dans le titre. Je me suis traînée toute la journée comme une âme en peine, retravaillant une phrase par ci, une autre par là. Les pages de mes livres pesaient une tonne, et j’avais véritablement l’impression que mon cerveau bouillonnait. Malheureusement, je pense que ce n’était que de l’eau et pas du génie sous cap.

Il va falloir que j’adapte mes “horaires de bureau” à la météo, et qu’au lieu de lamentablement ronchonner en tournant en rond je fasse comme à l’école: congé de chaleur, tous à la piscotte!

 

C’est un nid 25,07,08

Classé dans : Les petits papiers — boudoir @ 4:44

 
Nous venons de visiter un très joli appart. Coup de coeur. Saperlotte, il est parfait. Trois belles pièces et une grande cuisine dans une petite maison indépendante, terrasse, vue sur le parc privé à dispo dont le gazon est parsemé de tricycles… Il y a même une balançoire. Parfait disais-je, sauf qu’il est à prendre… de suite. On est passé à la gérance, bon contact, on est inscrits. Si on l’a, je crois que je peux définitivement comparer ma vie à celle de Cheeta, qui saute de liane en liane, sans répit…

 

Too short 24,07,08

Classé dans : Les petits papiers — boudoir @ 8:52


Hé ben voilà. À moins de deux mois avant l’échéance, le stress monte pour de vrai. Mon travail avance pas à pas.

Mais.

Je fais de savants calculs, me remémore où et quand je dois tout de même aller travailler entre temps et je me dis: aïe, aïe, aïe.

Du coup, je viens misérablement d’annuler nos vacances à Sienne. Il va donc falloir décommander l’adorable petit gîte avec piscotte que nous avions trouvé. Ciao ciao ballades main dans la main, la torpeur de la Toscane, et ses nuits torrides. Ce n’est que partie remise on va dire. Mais ça m’attriste.

Et mon pauvre amoureux…. “Sorry Angel” comme dirait le monsieur qui me retient devant mon ordinateur, je suis une affreuse inconstante toute stressée.

 

Non d’une pipe! 19,07,08

Classé dans : Les petits papiers — boudoir @ 12:37


Enfin non, pas non d’une pipe, mais dediou! V’là que j’oublie de fêter comme il se doit, avec tambours et trompettes mon premier anniversaire sans cigarette. Saperlipopette, c’était le 18 juillet que j’ai arrêté. Vous vous rappelez? J’étais survoltée, en manque, et ne savais pas encore si j’allais tenir bon.

Alors, bilan? Et bien:
- j’ai pris les dix kilos réglementaires (screugneugneu), mais bon, j’ai pas fait attention.
- ce qui a été dur n’a pas véritablement été l’arrêt de la clope, mais la chute de mon moral un ou deux mois après l’arrêt. Avec le recul, je me rends compte… Si c’était à refaire, je prendrais des calmants.
- il me semble bien que je suis un peu moins fauchée en fin de mois, mais bon, ça c’est pas non plus hyper flagrant.
- les fumeurs continuent à fumer chez moi, ça ne me dérange absolument pas, (au contraire, j’aime encore l’odeur) et ça, ça me fait vachement plaisir. Je craignais d’être une ex-fumeuse chiante. Ben non.
- ça ne me manque plus vraiment. Tout d’un coup, une toute petite envie se pointe mais file aussi vite, donc c’est facile de résister. Je garde conscience que je suis une ancienne toxico qui retombe à la première bouffée, donc non non non.
- je n’ai pas eu d’angine cet hiver, contrairement aux autres années, marrant non?
- c’est vrai qu’on sent plus les goûts. Au début je trouvais qu’une chips au paprika c’était “piquant”.
- on sent bien au fil des mois que le corps met du temps à se purifier: on est un peu tout chamboulé de tous les côtés (si vous voyez ce que je veux dire), et puis perso, j’ai eu une jolie poussée d’acné, youpi. Ça va mieux maintenant, merci.

Je crois que c’est tout. La vie est quand même plus simple sans, faut avouer. Je crois que ce que j’apprécie vraiment, c’est de ne plus avoir de fil à la patte, c’est-à-dire de ne plus réfléchir en fonction de la clope, d’avoir du plaisir (par exemple) à manger chez des potes ou dans un endroit non-fumeur, ce qui n’était pas le cas avant, ça m’emmerdait tellement de devoir me retenir! (Maintenant je peux le dire, y’a prescription).

Donc, pour ceux qui y réfléchissent: j’encourage! Il est vrai que ce n’est pas tous les jours facile (j’vais pas frimer, comme j’ai dit il y a un an) mais c’est faisable, même lorsqu’on fume beaucoup beaucoup. C’est une expérience intéressante en tout cas.

Ah, et je pense que lire le livre (hyper mal écrit/traduit) d’Allen Carr Méthode simple pour en finir avec la cigarette est (quand même) une aide précieuse.

[Ce post est une spéciale dédicace à mon papa, qui me manque bien sûr toujours aussi fort: je reste une "fille d'imbécile" quand même!]

 

Femme au foyer 17,07,08

Classé dans : Les petits papiers — boudoir @ 7:27


J’avais dit “pas trop de blog”, mais en fait il est humainement impossible de ne faire que travailler, alors je me divertis un peu pour éviter la lobotomie. Troisième jour de travail intensif… Ça avance plutôt bien. J’ai fait mes calculs et me rends compte que j’ai abattu un tiers du travail à fournir. ***Frisson glacé le long de la colonne***. Mais non mais non, ça va aller tout bien.

Je me demande simplement, tel le peintre super inspiré devant sa toile, à quel moment on peut considérer qu’un raisonnement est terminé? Et un chapitre bouclé? D’autant que c’est pas comme si le Monsieur n’était pas terriblement complexe, et ne s’amusait pas à brouiller les pistes.

Bref, je suis me fait un planning d’enfer (premier chapitre fini demain soir au plus tard), et un intérieur agréable (voyez), plein de belles fleurs des champs. Sinon je bois du thé, mange des graines au petit déj’ et fais de la gym deux fois par jour dans ma chambrette. Tout un programme. Une vraie petite fée du logis, dis donc.

Allé, finis la rigolade, j’y replonge.

 

Cette fois ça y est 15,07,08

Classé dans : Les petits papiers — boudoir @ 8:20

Comme mon sujet, je suis au pied du mur. Deux mois. Il me reste exactement huit semaines avant de rendre mon mémoire. Je suis de retour à la ville car la campagne n’a pas de connexion Internet. Mais je me suis organisée: J’ai fait mon ménage, rangé mon bureau, nettoyé mon écran, liquidé toutes les affaires administratives en cours, mon amoureux dort dans sa chambre… Nous y voilà. Je plonge dans l’univers Gainsbourg pour n’en ressortir que le 15 septembre.

Merci à ceux qui m’entourent de n’être pas trop tentants (genre “tu viens à la super plage cool” ou “J’suis en bas, je monte?”), et même de m’oublier un peu (pour mieux me retrouver après hein) car je vais faire tout mon possible pour rester bien au chaud dans mon sujet. Il faut vraiment que je m’enmode, comme dirait ma maman.

Pas tellement de blog d’ici-là je pense, alors à très bientôt. Je vous laisse avec un élément majeur et merveilleux de ma problématique. Musique!

 

Festivalino! 08,07,08

Classé dans : Les petits papiers — boudoir @ 3:22

Il y a des années, quelques familles et “des anciens du désert” ont décidé de créer une PPE pour s’offrir la possibilité de vivre dans une grande maison à la campagne, malgré leurs petits revenus. La dite maison accueille actuellement sept ménages dans une belle bâtisse posée au milieu d’un champ en pente douce.

Chaque année un petit festival est organisé dans le jardin: des enfants gaiement débraillés courent dans tous les sens pendant que les adultes grignotent des produits bios devant un concert acoustique. Bonheur. Chouette ambiance. Il s’appelle le Festivalino des Douzilles, et c’est près de Puidoux. A noter que le 19 juillet s’y produit Amina, et ses magnifiques chants kabyles. Avis aux amateurs!?