“Il y a des hauts et des bas dans la vie, comme disait le groom de l’ascenseur.”
Alphonse Allais

Parlons-en. Bientôt huit ans que je rechigne à entretenir ma croupe en gampadant jusqu’au 5ème étage… Mal m’en a pris. Ce soir, je suis restée coincée dans mon ascenseur. Cela devait arriver, l’engin crachotait ses mièvres grincements depuis longtemps. Et d’autres y étaient passés avant moi.
Or, je me demande: “Pourquoi aujourd’hui?!” Après être sortie du travail la barre au front, la tête dans le cirage, l’humeur sombre et les membres douloureux, chargée comme une mule, mais mal pratiquement (le courrier sous un bras, les clefs entre les dents et le fast food – qui finira froid –dans les bras)?
Est-ce un pied de nez du temps qui passe, pour me montrer que, finalement, 20 minutes, c’est long? (Surtout lorsque la lumière s’éteint) Un moyen extralucide de me faire hurler “Y’a quelqu’un?!!!” dans la cage d’escalier? Et découvrir, grâce à cela, que le temps est relatif, et que des gens vivent au 3ème étage… Et gentils, qui plus est.
Un grand merci à cette adorable petite madame – qui semble avoir eu plus peur que moi – d’avoir lancé un coup de fil à mon sifflotteur de concierge en me faisant la conversation (non, pas “la conversation”, plutôt un monologue teinté de “Ô mon dieu quelle horreur” et d’”oh la la c’est pas possible”) et à ces quelques 20 minutes de répit dans une journée plus chargée de vide que d’émotions.