J’écoutai, juste là, une émission invitant Jean-Claude Carrière, homme de théâtre. Il vient de sortir un livre qui s’appelle Tous En Scène, et se demande si la vie n’est pas qu’une immense pièce où chacun tient son rôle. Et surtout, dans cette pièce, la distribution est-elle bonne?
“Soyez les acteurs de votre vie, trouvez les rôles qui vous conviennent”…
Je trouve ce terrain de réflexion intéressant: petit ou grand rôle, on a tous quelque chose à faire qui nous convient. (Alors bon, avec ça on oublie ceux qui n’ont vraiment pas le choix, et on élude que l’épanouissement personnel est quelque chose de relativement nouveau, mais bon.) Et l’auteur de citer les nombreux acteurs qu’il rencontre qui feraient mieux, pour vivre heureux, d’être de bons cuisinier, fleuriste, employés de com, plutôt que de s’acharner à être de médiocres comédiens. Rêver (ou cauchemarder) sa vie… le grand sujet!
Avec la fin de l’année, la fin de l’université, mes diverses casquettes ou mon petit côté recroquevillé, c’est évidemment une question qui me taraude. Qu’est-ce que je vais faire après, quand je serai grande?
Come pour en rajouter une couche, l’autre jour, nous avons mangé avec Henri Stierlin, 80 ans, historien de l’art, journaliste, archéologue, photographe, homme de radio… Voir l’énergie de l’homme et l’ampleur de sa bibliographie m’a donné un coup. “Pour lui, il n’y a pas de répis. Tous les jours de l’année, dimanches compris, il est de l’aube à midi derrière son bureau”, m’a soufflé sa femme. “On a trente pige (ou presque) et on n’a encore rien foutu”, ai-je soupiré à mon amoureux dans la voiture, au retour. Un musicien sans disque, une littéraire sans livre, et tellement de potes dans le même cas, ou presque. Mais on a tous beaucoup de dispersions, obligatoires ou non…
Et vous alors? Vous en êtes où dans le script?

oui moi aussi ce genre de questions me taraudent…
on est des petites marionnettes qui gravitent et on tisse notre toile avec quelques trous parfois….
les indiens d’amerique du nord mesure leur vie non pas a ce qu’ils ont realise ou pas mais a leur bonheur… je trouve ca assez joli…
Dans le script, pour le moment, j’ai fait la connaissance hier d’Hannibal, 8 ans, le fils de Mireille…Une première approche pour qu’il me reconnaisse quand j’irai le chercher vendredi matin pour l’emmener à Vulliens voir sa maman qu’il n’a pas revue depuis…5 ans! Je l’avais promis à Mireille et suis trop heureuse de tenir ma promesse! Les indiens ont raison, Claire, ce petit moment est un grand bonheur et je pense toujours à une petite phrase de Follereau: “il faut créer d’autres bonheurs pour être heureux”:c’est peut-être un peu égoïste en soi, mais tellement vrai!