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Juste pour voir

…ce que ça fait de se reconnecter ici. Parce que ça fait une éternité, et que parfois ça me manque de venir déposer quelques lignes sur ce drôle de fil. Je m’étais un peu emmêlée dans mon chagrin, ces pages virtuelles étaient devenues vraiment maussades.

Mais là, juste là, avec le temps qui passe doucement, le clapotis de la pluie dehors, le plaisir de revenir poser les yeux sur mes vieilles phrases, et bien je me demande si je ne vais pas m’y remettre de temps à autres.

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Voilà voilà

cinema

Voilà deux ans que j’écris sur la toile, plus ou moins régulièrement. Aujourd’hui, c’est comme une évidence: J’ai passé à autre chose. Je me suis beaucoup amusée, j’ai bien parlé de mon petit univers, j’ai aussi laissé mon chagrin sortir comme il voulait. J’éprouve maintenant le besoin de m’éloigner du virtuel, de retourner à du concret. Des mots, des bras, du papier, du long terme, de la matière. C’est un peu abstrait comme ça, je sais, mais c’est ainsi.

Le temps, la notion du temps, son importance, sa relativité m’interpellent, et j’ai bien envie d’en faire quelque chose… de plus réel. Un blog, mine de rien, c’est du temps. Que je vais occuper ailleurs, autrement.

Alors à tous ceux qui m’ont suivi au quotidien, je dis merci, et à très bientôt dans la vraie vie (à ceux avec qui c’est possible!) Il n’est pas impossible que je recommence un jour quelque chose, mais celui-ci prend fin. Il va rester en ligne, comme flottant dans l’espace, jusqu’à ce que, ma foi, on l’oublie…

Non ce n’est pas triste!

Des bises à vous.
Julie

Un an

Tu nous manques toujours autant, même si la peine s’éloigne gentiment. Aujourd’hui, je suis entre larmes et sourires…

Moi ça me fait du bien de le voir faire l’andouille.

Bilan 08

Alors que dehors tombent de gros flocons, que mijote un bon tajine, que brûle une délicieuse bougie, et que résonnent de joyeux rythmes dans mon petit chez moi, il me semble venu le temps de faire la bilan d’une année bien chargée. Elle ne ressemble pas du tout à celle que je désirais il y a de cela un an. La vie est pleine de surprises, d’imprévus, et c’est ce qui la rend somme toute passionnante.

Non, et étonnamment, mon bilan n’est pas sombre. Oui, 2008 restera toujours une année marquée au fer rouge parce qu’elle a commencé avec le décès de mon père, ou le premier vrai drame de ma vie qui fut jusque là sacrément épargnée par les épreuves. Cette année m’a rendue plus forte. Pas parce qu’elle m’a endurcie, mais parce qu’elle m’a permis de faire connaissance avec moi-même, et de reconsidérer mon rapport aux autres. Force est de constater que nous sommes multiples, changeants, mais qu’il n’est pas aisé d’en prendre vraiment conscience. J’ai aussi intégré l’importance du « carpe diem » que j’ai pourtant entendu toute ma vie durant. Rien n’est figé, tout bouge, la vie est ici et maintenant, et il est capital de relativiser. Sans toutefois être dans la négation de ce qu’il nous arrive et des sentiments qui nous viennent.

Non, ce ne fut pas une année de tout repos. Un mémoire à rendre, la trouille du futur, un licenciement dans les dents, des problèmes d’argent, la pression du chômage… ça a fait beaucoup en même temps. Je me suis laissée submerger plus d’une fois et me suis beaucoup plainte car j’en avais besoin, tout simplement. J’ai sûrement dû être pénible à supporter, comprendre, entendre, mais j’ai fait comme j’ai pu. J’ai dû lutter avec une boule mêlée de colère, de sentiment d’injustice et d’abandon qui s’est logée au fond de mon ventre. Petit à petit, je sens qu’elle s’amenuise, bêtement parce que j’accepte d’avoir de tels sentiments nuls. Non, nous ne sommes pas des saints, malgré toutes nos bonnes intentions, quelle découverte! Ha!

A tous ceux qui ont été là, je dis merci, du fond du coeur.

Mon horizon s’éclaire, la confiance revient, les projets et les envies aussi. Une seule résolution pour l’année 2009: voler vers la légèreté, au sens propre comme au figuré.

Je vous souhaite à tous et à toutes une belle nouvelle année!

Proverbe joli

Entendu de la bouche d’un griot aujourd’hui:

« Il ne faut être bon qu’une seule fois à la fois. Car si l’on est bon une fois, on est bon et c’est bien. Par contre, si l’on est bon deux fois, on devient un bonbon que l’on suce. »

Ces temps

… je regarde tomber la neige et suis contente.
… je suis un peu plus amoureuse à cause d’un nouveau beau manteau chic.
… je réfléchis beaucoup.
… je prends plein de bains et me tartine de trucs qui sentent bons.
… je me fais plein de bleus et me retourne les ongles (bon un seul, mais aïe).
… je bois plein de thés avec les copines.
… je me dis que oui, j’aime bien la période des fêtes.
… j’admire mon joli sapin.
… je remplis de la paperasse et envoie plein de lettres motivées.
… je me dis que j’ai été trop gentille.
… je me dis que je devrais être plus gentille.
… je n’écoute plus tant de musique. Mince.
… je vadrouille en ville à la recherche de chouettes cadeaux pour les gens que j’aime.
… je fais de l’ordre dans ma maison et dans mon coeur.
… je pleure beaucoup mon papa partout, aujourd’hui devant un bocal de confiture, puis une copine déconfite.
… je découvre comment mes émotions se logent dans mon corps et éloigne peu à peu l’angoisse.
… je fais la bobette (il paraît).
… je me dis que je vais écrire des voeux pour une fois.
… je fais des projets, un peu.
… je me pointe souvent au guichet des réclamations.
… je peine à finir mes livres, mais je m’en fiche.
… je me dis souvent dès janvier je.
… je tolère mon oisiveté.
… je suis un peu en orbite.
… je dis beaucoup trop je.

En bonus:
Le power lapsus:
« Je ne sais pas encore trop bien ce que je veux faire, si je veux rester à la radio ou passer à toute autre chaise. »

Quant à mon amoureux:
Il considère que les sapins ont « des feuilles, non des épingles, heu… des épis? »

Drôle de période. Mais tout va mieux.

p_heart-india

Voici plusieurs mois que j’ai des tiraillements dans la poitrine, comme une gène, et tout dernièrement, j’ai eu une énorme tachycardie qui m’a vallu un petit séjour à l’hôpital… « Tout est en ordre », « vous êtes peut-être angoissée mademoiselle ». Soit… La période est un peu rude: licenciement, fin des études, chômage… Mais là je sortais d’un petit souper indien délicieux et m’apprêtais à aller voir mon amoureux jouer. Pas de quoi être tétanisée en somme.

Et puis ce dimanche, voilà t’y pas que m’en vient une autre, plus contenue, certes, mais bien là. Elle est apparue alors que je bavassais toute tranquille après avoir mangé un curry et vu un super concert dans un petit festival indien. Pas de stress apparent. Bizarre.

Voilà trois jour que j’y pense, et essaie de comprendre. Il y a peut-être un lien. Pourquoi ai-je fais ces deux grosses tachycardies à ces moments précis? Un point commun est évident: je venais de manger indien. Est-ce que je ne supporte plus les pois chiches et le dhal? Les épices me tordent-ils le ventre? C’est peut-être de l’aérophagie, qui paraît-il, peut créer ce genre de troubles cardiaques…

Que nenni. La raison m’est apparue ce matin, alors que je marchais pour aller chez le cardiologue. Aussi claire que de l’eau de roche…

Il y a quelques mois, j’avais essayé pour la première fois le petit traiteur indien à côté de mon boulot. Cela faisait presque deux ans que je bossais là et n’y étais jamais allée. Je m’y suis rendue comme une grande, toute seule, bien décidée à me tasser la cloche puisque cela faisait une éternité que je n’avais plus mangé indien. C’est la tête pleine de ces odeurs, la bouche remplie de ces goûts et somme toute bien replète que j’ai décroché mon téléphone, puis marché, intriguée, jusqu’en bas de la rue. Mes soeurs m’y rejoignaient, en larmes. C’était le 3 janvier, le jour de la mort de mon père.

Ça m’est maintenant tellement évident! Je revois la scène. Et je me rappelle aussi parfaitement d’avoir rêvassé dans ce petit troquet au voyage en Inde qu’avait envisagé de m’offrir mon père comme cadeau de fin d’études. Miam miam. Un soir on avait même sorti la carte: Jaipur, Agra, Dehli, Calcutta. Mais ce n’était que musique d’avenir, « il faut d’abord finir tes études, après on verra »…

Mes études terminées, je ne verrai rien du tout, du moins pas à ses côtés. Il faut que je le digère. Ces saveurs m’ont littéralement brisé le coeur. Elles sont ma madeleine de Proust. Elles me renvoient à mon chagrin et mes regrets, tout en me rappelant au passage que mon deuil n’est pas terminé.